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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 21:44

couronne.jpg Que penser de ce que l’on observe aujourd’hui, de la situation de notre société et de sa gouvernance au plus haut sommet de l’état? Pas grand-chose ou, plutôt, une grande inquiétude face aux conséquences de ces 30 dernières années et une immense incertitude sur l’avenir.

 

Passionné d’histoire, je pense que nous pouvons assez facilement comparer cette période écoulée à celle qui a précédée la fin de l’ancien régime.

 

De plus je reste convaincu que l’homme a beaucoup de mal à assimiler, pour le collectif, les leçons du passé face à ses aspirations personnelles.

 

Prenons en comparaison les trois derniers règnes des Bourbons avec les mandats de nos trois derniers présidents :

 

Le règne de Louis XIV et les deux mandats de François Mitterrand présentent les mêmes particularités.

 

La succession de deux périodes différentes et contrastées dans le temps. La première, pleine d’espoir et de renouveau est marquée par l’avènement d’une jeunesse politique, un désir de changement et l’avènement des idées. La seconde est  marquée par l’épuisement du temps, la lassitude et l’usure d’un pouvoir qui s’éteint dans la douleur sans pouvoir apporter les solutions aux problèmes de son temps.

 

Le règne de Louis XV et les deux mandats de Jacques Chirac sont très fortement marqués par la présence de deux monarques qui aiment à vivre dans l’atmosphère fermée de leurs palais et délèguent largement les affaires courantes aux gouvernements qui se succèdent. Il en résulte un immobilisme du pouvoir et de l’action associé à une coupure de la perception des besoins exprimés par les Français. Entrecoupés de quelques évènements retentissant, le pays s’endort doucement, sans réaction, sans mesurer les conséquences sur le futur, dans un gouffre sans fond.

 

Le règne de Louis XVI et le mandat de Nicolas Sarkozy me faisait craindre, à l’avènement de ce dernier, que les similitudes se poursuivent.

 

Mais la nature et le caractère des deux hommes me laissait à penser que cela n’était pas possible. Par contre, les conséquences à ne pouvoir mettre en œuvre les changements voulus par leurs concitoyens semblent aboutir à la conclusion que l’histoire se répète.

 

Concernant Louis XVI, nous avons un monarque qui n’a pas été préparé à gouverner. Il sera, tout le long de son règne, tiraillé par une aspiration à comprendre son peuple et faire évoluer une monarchie sans heurter ce régime sclérosé par le poids de son hérédité. Toutes ses prises de décisions auront soins de ne pas offusquer le conservatisme de son entourage à défendre leurs modes de vie et les privilèges qui en résultent.

 

De plus, de caractère faible et hésitant, il ne sera jamais en mesure de s’imposer. Il laissera la porte ouverte à toutes les escalades successives que connaitra la période révolutionnaire jusqu’à son exécution politique et physique.

 

Résultat de cet antagonisme, les troubles Révolutionnaires ne seront stabilisés que par l’avènement, la volonté, l’ardeur et le volontarisme d’un général. Ce dernier rétablira, d’abord au nom du peuple puis et surtout, en son propre nom, l’autorité de l’état. Restauration marqué, du moins dans un premier temps par une très forte capacité d’idée et de travail à créer et porter la réforme.

 

Concernant Nicolas Sarkozy, de prime abord, il me semblait que, sur le point de vue du caractère, le candidat se référait plus à ce général. Son programme affichait la volonté de rupture, de changement. Il laissait entrevoir un désir de modernisé notre pays afin de le pousser hors des abimes de l’immobilisme ou il s’était englué.

 

Le mandat passant et, au regard des méthodes employées, des actes et réalisations effectués il m’incite plus à opter pour l’attitude ambiguë de Louis XVI. Gouvernance, dont les paroles laissent toujours croire à une volonté d’œuvrer pour le bien de tous et la recherche d’un consensus dans l’intérêt de la nation, tout en prenant soins de ne pas offusquer son entourage et de ne pas altérer aux intérêts de ces cercles de proches.

 

La réalité quotidienne démontre même que la conséquence des décisions sont souvent à double emploi et ont toujours, au final, un résultat bénéfique au profit des privilégiés d’aujourd’hui, noblesse financière ou les princes, ducs, Contes, Marquis … sont remplacés par les barons de la Finance, capitaine d’industrie, actionnaires, trader, …. Caste privilégiée, volontairement fermée, qui par son organisation et ses réseaux occupent toutes les places du pouvoir. Cercle ou se décide, à son profit, la répartition des parts d’un gâteau dont on exclue soigneusement les forces vives de la nation tout en préservant le seuil d’implosion du système.

 

Toutes ces décisions se faisant, au dépend du peuple de France qui survit dans un conteste économique et social de plus en plus difficile. Population pourtant composée dans sa plus grande majorité de citoyens qui n’aspirent qu’à obtenir une juste et saine rémunération de leur travail dans le cadre d’une répartition équitable des richesses produites. Situation qui par similitude, toutes proportions gardées, nous rappelle tout de même qu’elle était la position de notre pays, sur le plan de la redistribution des profits, à la veille de la Révolution Française

 

Ce tableau comparatif étant brossé, à l’approche de cette fin de quinquennat, quelle projection future somme nous en droit d’entrevoir. Continuité, changement ou révolution ! Quel sera le verdict de 2012 ?

 

En premier lieu, la continuité est une piste à ne pas exclure.

 

  • Tant, le candidat président sortant n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il joue cette partition et endosse son costume de VRP.
  • Tant, l’opposition républicaine, en l’état actuel, me parait morcelée, lointaine et irréaliste au regard de la majorité en place. Celle-ci ayant toujours fait preuve d’une discipline électorale, même en période de profond doute, qui ne s’est jamais démentie lors des grandes échéances au point que les prétendants de l’UMP ont en point de mire 2017.

 

  • Tant, malgré les difficultés et les désillusions, nos concitoyens semblent se désintéresser de l’avenir politique et da la destiné de leur nation. Phénomène largement démontrable par un taux d’abstention grandissant, un manque d’engagement politique et syndical et une désertification face au débat d’idée et la défense des idéaux et droits.
  • Tant, et en particulier chez les jeunes, l’intérêt individuel prime sur l’envie de se fédérer et construire un avenir collectif.

 

Autant d’arguments qu’un habile candidat saura exploiter pour contourner les mailles et pièges de la campagne. La conséquence pouvant être que, au final, il se fasse élire non sur son programme et ses forces mais sur les faiblesses et les incohérences de ses adversaires.

 

Alors quelle alternative au pouvoir actuel dans l’opposition républicaine ?

 

Une majorité gauche-écologique dont l’entente de gouvernement a bien du mal à dépasser le stade des programmes et des campagnes. Une institution, le Parti Socialiste qui, quoi que l’on en dise, ne s’est jamais remis de la plaie ouverte le 21 avril 2002 et cherche toujours la formule qui lui permettrait de remplacer son passé par un futur. Un allié, Europe Ecologie-Les Verts dont l’apparente unité d’une fédération composée de petits groupes à la pensée diverse n’ayant d’autre ambition que de pouvoir exister électoralement au coté de son historique partenaire.

 

Le Parti Socialiste, un mouvement ou les vieilles recettes servent à l’ambition de dirigeants issus d’un autre règne ? Un mouvement ou la jeunesse, pour exister, se doit de gravir désespérément les incontournables échelons de l’appareil de gouvernance et ou les générations nouvelles sont souvent sacrifiées au profit de cet appareil.

  • Entre un Dominique STRASS-KAHN dont je ne suis pas sur qu’il ait l’envie de quitter le fauteuil dorée de Washington pour venir s’enferrer dans le passif que va lui laisser le président sortant.
  • Entre François HOLLANDE dont le monumental effort de transformation ne pourra jamais gommer le fond de l’éternelle recherche d’un consensus dans la prise de décision.
  • Entre Martine AUBRY qui, avançant à visage caché tel le cycliste au sein du peloton espérant coiffer les échappées dans le sprint final, se verrait si bien en la première femme à L’Elysée.
  • Entre Ségolène Royal qui n’a pas su tirer les leçons de son échec en continuant à jouer l’eternel retour.

 

Quelle perspective peut-il y avoir avec autant de candidat pour un fauteuil de champion autour d’un programme de campagne sur lequel chacun de ces prétendants ne s’aventurent qu’avec parcimonie et sans engagement.

 

Autre alternative, le Centre qui constitue l’éternelle troisième voie lors des élections présidentielles. Souvent sans réussite finale et avec la réalité de l’inconstance comme le démontre la difficulté à construire une force enracinée stable dans le paysage politique national.

 

Que représentons-nous aujourd’hui à part un espace composé d’une multitude d’ambition individuelle ou le passif est plus fort que l’envie de faire les concessions nécessaires à un inévitable et incontournable rapprochement qui nous permettraient d’être crédibles et porteurs d’espoir.

 

  • Reconnaissons que Nicolas SARKOZY a bien profité de son premier mandat pour que ce centre ne représente plus en France cette force capable, non pas de définir un programme de gouvernement, mais de le porter devant les Français avec une réelle chance de succès et une capacité à mener à la victoire finale un candidat.
  • Reconnaissons que le MODEM a un programme plutôt réfléchi, assez bien élaboré, apportant des solutions aux problèmes, mais trop confidentiel puisque le mouvement est sans représentativité nationale et sans leader de poids hormis son président pour le diffuser et l’enraciner dans la conscience des électeurs.
  • Reconnaissons que nombre d’élus de l’ancienne UDF n’ont pas voulu suivre le même chemin que François BAYROU. sans doute pour se sauvegarder un avenir personnel mais aussi pour ne pas se couper de l’espoir que le candidat Nicolas Sarkozy leur laissait entrevoir au travers de leur participation à l’aventure de l’actuelle majorité. Les années passées leurs auront montré que leurs illusions ne pouvaient être aussi ambitieuses que ce a quoi ils auraient pu prétendre tant le dirigisme du président a été fort.
  • Reconnaissons que ce constat est aussi fait par des personnalités de l’UMP ou proches de ce parti, dont le mode de pensée est sensiblement différent de la ligne exprimée par Nicolas SARKOZY.

 

Et pourtant la réalité de cette alternative Républicaine à Nicolas Sarkozy ou à une majorité gauche-écologique existe et présente un espace de victoire indéniable. Espace à occuper dans l’échiquier politique tant l’attente est grande dans la population. Il reste à trouver un candidat, à finaliser le programme et à peupler cet espace avec les élus nationaux et locaux en capacité à diffuser le programme auprès de Français. Il reste surtout à dépasser les clivages, à se regrouper et à vouloir préparer cette alternative.

 

Cependant ne négligeons pas l’autre réalité, celle des extrêmes, et en particulier à la droite de l’actuelle majorité. Le Front National a fait peau neuve, nouvelle présidente, nouvelle communication, nouvelle attractivité, … Il le dit. Il le vend. Il veut convaincre …

 

Mais sous ces nouvelles apparences, faisons en sorte de ne pas tomber dans le piège. Car, au fond, lorsque l’on regarde derrière la façade, rien n’a vraiment changé. Cet aspect de respectabilité, de recherche de solutions concrètes et fiables ne sauraient effacer les fondements du mouvement. Sauf que pour un nombre croissant de nos compatriotes, le ras le bol général devant l’incapacité des élites républicaines à proposer une alternative crédible, intégrant en premier lieu les préoccupations majeures et quotidiennes des Français , pourraient les amener à opter pour le slogan « Pourquoi pas eux … » .

 

En revenant à l’histoire, Cette issue serait révolutionnaire, mais elle serait surtout grave pour notre équilibre national et notre démocratie. L’histoire montre comment arrive une révolution mais aussi comment elle évolue, comment elle engendre les excès et comment il est dur de la conclure et de se relever de ses conséquences.

 

Réfléchissons … !

 

 

 

Philippe BRUNEEL – 26 avril 2011

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